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Expérimentation Microclimat et baies de raisin - Projet Heatberry. © Inra, Yaël Kouzmine

Heatberry, Microclimat des baies de raisin et qualité - Work in progress #6

Le microclimat des baies de raisin - et donc leur composition - peut être sensiblement modifié par la conduite du vignoble (effeuillage, vendanges en vert et travail du sol). La manipulation de ce microclimat peut constituer un outil efficace pour explorer les réponses des grappes et des baies aux facteurs environnementaux, et en particulier à la température, qui influent sur leur qualité et sur celle des vins.

Mis à jour le 30/01/2017
Publié le 30/01/2017

Les chercheurs bordelais de l'Inra, et de ses partenaires, mobilisent une méthodologie expérimentale inspirée de recherches australiennes. Grâce à des écrans amovibles, ils imposent une élévation thermique modérée (1-2°C) mais prolongée (de la nouaison à la récolte) au niveau des baies de raisin, et en évaluent les effets sur la composition, le métabolisme et l’activité transcriptionnelle (expression des gènes) des baies, ainsi que sur les caractéristiques sensorielles des vins qui en découlent.

Ce protocole tente de modifier la température en affectant le moins possible le rayonnement solaire perçu. Le microclimat de la grappe est contrôlé (température, radiation solaire, hygrométrie). Les expériences sont conduites au vignoble sur du Cabernet Sauvignon à Bordeaux et Adélaïde (Australie), du Sauvignon Blanc à Bordeaux et Geisenheim (Allemagne) ; des chercheurs australiens et allemands travailleront également sur du Riesling. Ces expériences sont répétées sur trois saisons, et les baies sont récoltées et analysées à six stades de la nouaison à la maturité, dont les plus tardives seront suivies de microvinifications, d’analyses sensorielles et d’analyses des polyphénols et des arômes du vin. Des analyses transcriptomiques, ainsi que des dosages hormonaux (ABA notamment) et enzymatiques des baies seront réalisés sur les échantillons qui se différencient le plus les uns des autres.

Cette technique expérimentale fondée sur un effet de serre très localisé a déjà été employée sur la vigne pour des études relativement similaires. Le projet Heatberry concerne des cépages utilisés à Bordeaux et dans les conditions climatiques de la Gironde, mais il suppose également des progrès dans plusieurs domaines :

  • plusieurs types d’écrans seront testés ;
  • le projet associe étroitement des disciplines différentes allant des analyses biochimiques, transcriptomiques et sensorielles à la modélisation ;
  • chaque cépage est testé en au moins deux lieux et climats différents ;
  • Heatberry se focalise sur les perturbations du métabolisme secondaire des arômes qui pourraient potentiellement permettre de découvrir de nouvelles vois métaboliques ;
  • la manipulation du microclimat permettra à la fois de simuler les conditions du changement climatique et de donner des informations essentielles pour l’adaptation de la conduite du vignoble à ce changement climatique.

Les travaux sont menés dans le cadre de deux thèses en cotutelle, en écophysiologie et génomique de la vigne (cotutelle Bordeaux-Geisenheim) et en Œnologie. La première vise à mettre en œuvre, à Bordeaux et Adélaïde, les dispositifs conduisant à modifier les niveaux thermiques dans l'environnement des grappes pour analyser les conséquences sur la composition des raisins, et les profils d’expression des gènes par rapport à des modalités témoins. La seconde déploie des recherches sur la caractérisation des composés volatils, et des polyphénols associés aux analyses sensorielles les plus contrastées suite au traitement thermique. Cette seconde thèse étudie également les liens entre les propriétés organoleptiques des vins issus des vinifications expérimentales et leur composition aromatique et phénolique, et la confrontation de l'analyse des composés volatils et phénoliques dans les vins et l'analyse des raisins issus des diverses modalités viticoles.

Un des intérêts des collaborations engagées avec Geisenheim et Adélaide est de pouvoir augmenter le rythme des mesures dans deux environnements et climats différents, dans deux hémisphères, ce qui confère une fiabilité et une portée plus grande aux résultats.

Les partenaires de Heatberry

Ce projet Heatberry est développé dans le cadre du réseau trilatéral BAG (Bordeaux Adélaïde Geisenheim) qui bénéficie du soutien de la Région Aquitaine, du land de Hesse (Allemagne) et du gouvernement d’Australie du Sud. Il porte sur une thématique d’intérêt commun pour les trois sites, et permet de fédérer l'action de laboratoires de l’Institut des sciences de la vigne et du vin (ISVV) : l’Unité mixte de recherche Ecophysiologie et Génomique Fonctionnelle de la Vigne (Inra - université de Bordeaux - Bordeaux Sciences Agro) et l'Unité de recherche Œnologie (Inra - université de Bordeaux).

Work in progress

Logo WIP - La fabrique de la recherche agronomique © Alain Girard - Inra
© Alain Girard - Inra

 

Au travers de la série vidéo "Work in progress - Dans la recherche de la fabrique agronomique", l'Inra Bordeaux-Aquitaine vous emmène découvrir comment se construisent les recherches. En portant la focale sur la science en train de se faire, ces vidéos s’intéressent à l’expérimentation, aux « bricolages » qui mobilisent la générosité et l’ingéniosité des chercheurs, ingénieurs et techniciens de l'Inra. Et plutôt que de présenter un résultat scientifique finalisé, ces vidéos vous présentent des pistes d’expérimentations faites de doutes, de réussites et, parfois, de remises en question…

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