• Réduire le texte
  • Rétablir taille du texte
  • Augmenter le texte
  • Imprimer
Vigne parcelle 52 cépages Inra Bordeaux-Aquitaine. © Inra, Yaël Kouzmine

Vigne & vins

Mesure des échanges gazeux entre un plant de vigne et son environnement. © Inra, Yaël Kouzmine

Des sècheresses plus sévères modifieront-elles les dégâts causés par les maladies de la vigne ?

La vigne et la viticulture doivent faire face au changement climatique, et plus particulièrement à l’accroissement de la fréquence et de l’intensité des sécheresses. Ces modifications de l’environnement abiotique de la vigne pourraient avoir des effets indirects sur sa santé via des effets sur la résistance et la physiologie des feuilles. Une expérimentation inédite est en cours à l’Inra Bordeaux-Aquitaine afin d'étudier les épidémies d’oïdium de la vigne en condition de sécheresse. Les résultats de cette recherche pluridisciplinaire permettront de mieux comprendre et d’anticiper les effets du réchauffement climatique sur la santé des vignobles.

Mis à jour le 05/12/2016
Publié le 17/06/2016

Chloé Delmas, chercheuse post-doctorante, a amorcé une expérimentation aux enjeux inédits au sein du projet Vivaldi financé par le LabEx COTE. Elle cherche à comprendre si le niveau de sécheresse modifie les épidémies d’oïdium de la vigne. Les impacts de la sécheresse sur les pathogènes foliaires des plantes sont très mal connus malgré le contexte du changement climatique. Cette expérimentation originale bénéficie de l’étroite collaboration de chercheurs en pathologie (UMR SAVE) et en écophysiologie (UMR EGFV et UMR BIOGECO) afin d’étudier l’interaction entre sécheresse et pathogène dans sa globalité.

Sur la plateforme de phénotypage « Bordô » de l’unité mixte de recherche EGFV, 150 plants de vigne sont disposés sur des balances réglées au gramme près. Les pots, préalablement refermés hermétiquement, sont pesés en continu afin d’évaluer la quantité d’eau que les plantes consomment. L’information sur la masse d’eau consommée permet aux chercheurs de maitriser parfaitement le statut hydrique de chaque plant de vigne. Ce travail est facilité par l’existence d’un système d’irrigation automatisé.

Deux cépages sont évalués : Cabernet sauvignon, typique du Bordelais et sensible à l’oïdium de la vigne  et le Regent, une variété allemande partiellement résistante à la maladie. Trois niveaux de stress hydrique et deux niveaux de maladie (sains et infectés) permettront d’étudier un large panel de conditions. Cette expérimentation s’étend sur deux mois pendant lesquels plusieurs paramètres sont mesurés , portant notamment sur les dégâts causés par le pathogène, le statut hydrique, la physiologie de la plante, la quantité d’une phythormone clé dans les feuilles ou encore le microbiote foliaire (phyllosphère).

Si les résultats ne sont pas encore connus, une telle expérience permettra de comprendre et d’anticiper l’interaction entre les conditions environnementales et la santé de la vigne, ouvrant ainsi de nouvelles pistes de recherche. Cette même démarche pluridisciplinaire sera entreprise sur les différents types de pathogènes de la vigne, notamment les pathogènes vasculaires causant d’importants dépérissements au sein des vignobles. Comprendre l’évolution des maladies viticoles dans des conditions climatiques extrêmes, c’est comprendre leurs possibles évolutions dans le futur pour préparer la viticulture de demain.