• Réduire le texte

    Réduire le texte
  • Rétablir taille du texte

    Rétablir taille du texte
  • Augmenter le texte

    Augmenter le texte
  • Imprimer

    Imprimer
Fleur arbre fruitier Unité expérimentale Arboricole de Bourran. © Inra, Yaël Kouzmine

Biologie des fruits

Feuille Tabac infectée par un virus. © Inra, Alain Girard

Comprendre les interactions entre plantes et virus

Nous cherchons à comprendre comment les virus envahissent les plantes, quelles sont les interactions qui s’opèrent entre elles et les virus et quels sont les gènes de résistance qui leur permettent de contrôler ces virus.

Publié le 22/10/2015

Nous travaillons sur des virus très préjudiciables pour les filières arboricoles (ex. : virus de la sharka ou plum pox virus - PPV), mais aussi sur d’autres potyvirus modèles, pour identifier des mécanismes de défense originaux et des gènes candidats qui pourront servir à lutter contre le PPV chez les prunus après transfert des connaissances acquises.

Le genre des potyvirus appartient à la famille des Potyviridae, la seconde plus grande famille de virus de plantes connus actuellement. Ils sont responsables de très graves pertes chez les arbres fruitiers et les cultures maraîchères. Les moyens de lutte disponibles contre les potyvirus reposent sur des mesures prophylactiques, certaines visant à limiter la présence d’insectes vecteurs à proximité des cultures, afin de limiter la propagation de la maladie. L’utilisation de variétés résistantes reste cependant la solution la plus respectueuse de l’environnement et la plus facilement intégrable dans les systèmes de production. Notre objectif est donc d’identifier les gènes de résistance des plantes à ces différentes viroses.

La serre à haute performance environnementale (HPE) est un outil essentiel pour nos recherches, car elle nous permet de réaliser des tests d’infection de différents génotypes de plantes résistantes ou dont nous cherchons à évaluer la résistance. Elles sont inoculées par les virus, parasites obligatoires1, et nous observons cette infection. Nous évaluons si les virus sont capables ou non de contourner la résistance des plantes, et comment ils évoluent pour acquérir cette faculté de contournement. Dans un des compartiments de la serre, nous propageons ainsi des virus dans des plantes herbacées (ex. : laitue, tabac, arabidopsis, etc.) ou des hôtes ligneux (ex. : pêcher).

Nous expérimentons des virus dont certains sont manipulés génétiquement et dans lesquels nous introduisons par exemple un gène marqueur qui permet de tracer le virus dans la plante. Sous rayonnement UV, la protéine va émettre une fluorescence verte que nous pourrons visualiser. Grâce à cette approche, nous sommes capables de suivre la propagation du virus dans la plante, de mieux comprendre les résistances de la plante en regardant plus précisément à quelle étape du cycle le virus est bloqué : au niveau de la feuille inoculée, ou lors de sa migration dans le reste du végétal.

Les gènes de résistance que nous cherchons sont des facteurs de sensibilité au virus, c’est-à-dire des facteurs de la plante qui s’avèrent cruciaux pour le développement de l’infection virale. Le virus qui pénètre dans une cellule détourne à son profit différents facteurs de la plante pour mener à bien son cycle viral. Si nous sommes capables d’identifier des facteurs mutés de la plante hôte qui ne sont plus utilisables par le virus, nous observons donc un phénotype2 de résistance.

Notre objectif est donc de connaître les facteurs qui sont impliqués (gènes candidats) et mesurer s’il est possible d’obtenir des plantes ainsi mutées qui soient viables et résistantes à l’infection. Il s’agit ensuite d’envisager de déployer ces résistances à plus grande échelle en essayant de coupler des résistances qui freinent le virus à différentes étapes de son cycle d’infection pour limiter les risques de contournement.

----------------------------

1. C’est-à-dire ne pouvant seulement vivre avec un hôte ou sur de la matière vivante.

2. Ensemble des caractères observables d’un individu (forme, couleur, taille, etc.). Le phénotype correspond à la réalisation du génotype (expression des gènes) mais aussi des effets du milieu, de l’environnement

Contact(s)
Contact(s) scientifique(s) :

Département(s) associé(s) :
Santé des plantes et environnement, Biologie et amélioration des plantes