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La capacité des arbres à stocker le carbone remise en question

La capacité des arbres à compenser les émissions de dioxyde de carbone (CO2) est remise en question par une équipe internationale de chercheurs pilotée par la Western Sydney University, associant des chercheurs de l’Inra, qui a constaté que les arbres communs d’Australie ne sont pas en mesure de stocker autant de carbone que cela avait été imaginé jusqu’ici. Publiés dans la revue Nature Climate Change le 6 mars 2017, les résultats révèlent que les forêts d'eucalyptus emblématiques de l'Australie sont susceptibles d'avoir besoin d'éléments nutritifs complémentaires pour assurer leur croissance et profiter du dioxyde de carbone supplémentaire disponible dans l'atmosphère.

Aerial view of the EucFACE study site in Western Sydney (Australia). © Inra, Steven Wohl (UMR ISPA)
Mis à jour le 15/03/2017
Publié le 14/03/2017

Ces résultats ont des implications importantes sur les modèles utilisés par les agences internationales en charge des questions climatiques, qui supposent généralement que l’augmentation du dioxyde de carbone dans l’atmosphère fertilisera les arbres, favorisera leur croissance et l’absorption du CO2 présent dans l'air.

« Le monde accorde beaucoup d'attention à la modélisation du changement climatique, qui inclut des prévisions quant à la quantité de carbone stockée dans les arbres », explique le professeur David Ellsworth du  Hawkesbury Institute for the Environment (Western Sydney University, Australie).

Ces analyses sont fondées sur des modèles et des données provenant généralement de forêts de régions tempérées où les nutriments sont en quantité suffisante. Ce qui implique que les estimations de l'absorption du CO2 ne tiennent pas compte des pénuries de nutriments sur la productivité des forêts.

À l’échelle mondiale, de nombreuses régions forestières subtropicales et tropicales sont caractérisées par des sols à faibles teneurs en éléments nutritifs. Ces résultats impliquent donc que les estimations mondiales du stockage du carbone dans les forêts pourraient être, en conséquence, trop élevées par rapport à la réalité.

Ces travaux de recherche ont été pilotés par le Hawkesbury Institute for the Environment de la Western Sydney University en mobilisant le dispositif expérimental EucFACE, unique au monde, qui permet notamment d’exposer de vastes étendues de forêt d’eucalyptus indigènes à des traitements de CO2 élevé à 550ppm, soit environ 150ppm de plus que l'air ambiant actuel. Le collectif scientifique impliqué dans ces travaux réunit des chercheurs australiens (Hawkesbury Institute for the Environment, Western Sydney University), anglais (School of Environment, Earth and Ecosystem Science, The Open University), français (Unité mixte de recherche Interactions Sol Plante Atmosphère, Inra-Bordeaux Science Agro) et états-uniens (Department of Forest Resources, University of Minnesota).

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Source : Hawkesbury Institute for the Environment, Western Sydney University

Référence scientifique

David S. Ellsworth, Ian C. Anderson, Kristine Y. Crous, Julia Cooke, John E. Drake, Andrew N. Gherlenda, Teresa E. Gimeno, Catriona A. Macdonald, Belinda E. Medlyn, Jeff R. Powell, Mark G. Tjoelker and Peter B. Reich. (2017). Elevated CO2 does not increase eucalypt forest productivity on a low-phosphorus soil. Nature Climate Change. DOI :10.1038/NCLIMATE3235

En savoir +

> Voir l'interview du Professeur David Ellsworth, coordinateur de l'étude, sur ABC News Australia.