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AQUIPRU, comment adapter le cerisier et le prunier au changement climatique?

Initié en juillet 2014 et réunissant des acteurs scientifiques et économiques, le projet AQUIPRU vise à adapter au changement climatique, deux espèces fruitières cultivées en Aquitaine : le cerisier doux et le prunier.

. © Inra, ML Greil UE Arboricole/Inra
Mis à jour le 14/01/2016
Publié le 13/01/2016

Enjeux et risques


Le Sud-ouest fruitier

Prunes en verger.. © Inra, CHRISTMANN Hélène
Prunes en verger. © Inra, CHRISTMANN Hélène
La filière fruitière représente un chiffre d’affaires de 3 milliards d’euros et le verger aquitain se place au troisième rang national en termes de surface.
Avec 43 % de la superficie fruitière, le prunier est l’espèce la plus plantée en Aquitaine dont la production représente un chiffre d’affaires de 130 millions d’euros. 94% des pruneaux sont issus de la zone IGP pruneau d’Agen et 71% de la production provient du Lot-et-Garonne. La production  moyenne annuelle de prunes d’Ente de 145 000 t est assurée par 1 500 producteurs.
Le cerisier était très présent au début du XXe siècle en Aquitaine. La production a progressivement décliné mais reste capitale pour l’économie de certains territoires notamment dans le Pays Basque où une relance des variétés locales s’est développée ces dernières années (GIE Cerise d’Itxassou). La production française de cerise atteint environ 55 000 t depuis plus de 10 ans (contre 100 000 t en 1985) (Agreste Primeur N°277, 2012).
Rameau de cerisier en pleine production.. © Inra, SLAGMULDER Christian
Rameau de cerisier en pleine production. © Inra, SLAGMULDER Christian

Attention! Espèces fruitières sensibles

Le changement climatique présente déjà des impacts visibles et notamment une élévation de température et une augmentation des précipitations au printemps et en été. Pour les arbres fruitiers, une augmentation des températures en automne ou en hiver entraîne un ralentissement du processus de levée de dormance, qui provoque l’étalement de la floraison et des anomalies de développement, responsables d’une diminution de la production. Une augmentation des températures au printemps se traduit par une avancée significative de la floraison entrainant des risques accrus de dégâts par le gel et une désynchronisation de la floraison avec l’activité des pollinisateurs.

L’augmentation des phénomènes pluvieux orageux durant le printemps et l’été entraine d’importantes pertes de récolte suite à l’éclatement des fruits. Les dégâts sont considérables et peuvent atteindre 80% de pertes chez le cerisier et 40 % chez le prunier. Le prunier et le cerisier sont particulièrement sensibles à ces variations.

Objectifs d'AQUIPRU

AQUIPRU vise, d’une part, à comprendre le déterminisme génétique et environnemental de la dormance et la tolérance à l’éclatement du fruit, deux caractères clés pour la productivité et, d’autre part, à construire des modèles prédictifs qui permettront de définir des idéotypes adaptés aux conditions climatiques et présentant des fruits de qualité.

  • Phénotypage de la  dormance des bourgeons et de l’éclatement du fruit
  • Déterminisme  génétique et moléculaire de la dormance des bourgeons et de l’éclatement du fruit
  • Construction de modèles prédictifs pour la dormance et l’éclatement du fruit
  • Applications à l’innovation variétale et à la production
  • Étude socio-économique des besoins des producteurs pour ces deux espèces fruitières dans la région

AQUIPRU apporte des réponses à des problématiques d’avenir. L’impact du changement climatique sur la production fruitière était jusqu’alors peu pris en compte et les programmes de sélection intégraient principalement des critères de qualité du fruit et de résistance aux maladies. La recherche de variétés adaptées aux conditions climatiques futures devient un défi pour la pérennité de ces cultures. Ceci est tout particulièrement important chez les espèces pérennes ligneuses très vulnérables, car plantées pour de longues périodes. Le maintien de production typique d’un terroir (pruneau d’Agen ou cerise d’Itxassou) représente un enjeu culturel, économique et environnemental  important pour la région Aquitaine.


Du laboratoire au terrain

L’évaluation des besoins en froid sur rameaux en chambre climatique. © Inra, UMR BFP - Equipe A3C
L’évaluation des besoins en froid sur rameaux en chambre climatique © Inra, UMR BFP - Equipe A3C
L’évaluation des besoins en froid sur rameaux en chambre climatique.
Ces besoins en froid vont conditionner la date de floraison : plus une variété a de faibles besoins en froid, mieux elle va s’adapter au manque de froid hivernal, mais elle va fleurir précocement et présenter des risques de gel accrus. Il faut donc également qu’elle ait des besoins en chaud élevés.
   
Bâches anti-pluie. © Inra, CTIFL
Bâches anti-pluie © Inra, CTIFL
Adaptation de techniques culturales innovantes avec les bâches anti-pluie et les protections mécaniques par filets pour lutter contre l’éclatement des fruits mais également contre et la Drosophylla suzukii.

Partenaires

AQUIPRU (juillet 2014-juillet 2018) est piloté par l'Équipe Adaptation du Cerisier au Changement Climatique (A3C) de l'unité de recherche Biologie du Fruit et Pathologie (UMR BFP). 

Le projet, labellisé par le Pôle de compétitivité Agri Sud-Ouest Innovation, bénéficie du soutien financier de la Région Aquitaine, de l’Inra (cofinancement de thèse), du Bureau National Interprofessionnel du Pruneau-BIP et du Centre technique interprofessionnel des fruits et légumes‑CTIFL (cofinancements d’équipements) et de CEP INNOVATION (cofinancement d’un postdoctorat).

Autres partenaires : L'unité expérimentale arboricole de l'Inra Bordeaux-Aquitaine , AOP nationale Prune et Conservatoire Végétal Régional d’Aquitaine.