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1995-2000 / Le séquençage du génome de Xylella fastidiosa pour lutter contre la peste verte

Entre 1995 et 2000, l’Inra Bordeaux-Aquitaine a piloté les travaux aboutissant au premier séquençage complet d’une bactérie phytopathogène : Xylella fastidiosa. Aujourd’hui, alors que la bactérie vient de faire son apparition en France, le séquençage de Xylella fastidiosa se révèle d’une grande utilité. Grâce aux informations qu’il fournit, les chercheurs peuvent retracer l’expansion de celle que l’on surnomme « la peste verte ».

1995-2000 / Le séquençage du génome de Xylella fastidiosa pour lutter contre la peste verte. © Inra, Alain Girard
Mis à jour le 20/07/2016
Publié le 15/08/2016

Entre 1995 et 2000, un consortium de laboratoires français, brésiliens et allemands, piloté et coordonné par l’Inra Bordeaux Aquitaine, a mené des travaux permettant d’aboutir au premier séquençage complet d’une bactérie phytopathogène : Xylella fastidiosa. Aujourd’hui, la bactérie a fait son apparition sur des territoires auxquels elle n’était pas accoutumée, et cela inquiète. Les marqueurs génétiques, fournis par le séquençage du génome de Xylella fastidiosa publié en 2000 dans Nature, permettent de retracer l’évolution des épidémies. Un outil non négligeable lorsque l’on sait que la réputation de cette bactérie lui a valu le surnom de « peste verte ».

Xylella fastidiosa est une bactérie phytopathogène qui agit directement sur les vaisseaux responsables de la circulation de la sève. En les obstruant, la bactérie prive la plante de ses éléments nutritifs. En quelques mois, la plante infectée présente les premiers symptômes de flétrissement. Il existe plusieurs plantes (ou hôte) susceptibles d’être infectées, de la même manière qu’il existe plusieurs sous-espèces de Xylella fastidiosa. Les six sous-espèces connues de la bactérie (Fastidiosa, Sandyi, Tashke, Morus, Pauca et Multiplex) possèdent chacune un éventail d’hôtes qui leur est propre. Par exemple, au Brésil, Xylella fastidiosa pauca est responsable d’une maladie bactérienne nommée chlorose panachée des agrumes, tandis qu’aux États-Unis c’est la sous-espèce fastidiosa qui est à l’origine de la maladie de Pierce chez certains plants de vigne.

En Europe, la bactérie est apparue pour la première fois en 2013 au sud de l’Italie. Xylella fastidiosa a engendré la destruction de 60 000 hectares de paysages en s’attaquant notamment aux oliviers. La bactérie est également apparue en Corse en 2015 où elle a été observée sur des arbustes d’ornement. Chose étonnante, les bactéries en Italie et en Corse ne sont pas de la même sous-espèce. En Italie, les oliviers sont attaqués par la sous-espèce pauca, alors qu’en Corse, les polygalas à feuille de myrtes sont infectés par la sous-espèce multiplex. Xylella fastidiosa s’est donc introduite en Europe à deux reprises, par le biais d’émergences indépendantes.

La lutte contre cette bactérie repose sur des enjeux économiques importants. Xylella fastidiosa a déjà causé 53 millions de pertes pour l’agriculture italienne et des soupçons quant à la présence de la bactérie dans les Alpes-Maritimes ont été confirmés. Que ce soit par l’intermédiaire d’insectes porteurs de la bactérie ou du commerce de porteurs sains (plantes infectées, mais ne présentant aucun symptôme), Xylella fastidiosa traverse aisément les frontières et cette globetrotteuse ne semble pas décidée à arrêter son road-trip.