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1975-1999 / La pêche plate et savoureuse de René Monet

Entre 1999 et 1975, René Monet, directeur de recherche à l’Inra de Bordeaux, inventa une nouvelle variété de pêche plate. Si ce fruit était déjà connu, son aspect visuel ne convainquait personne, pourtant, son goût était à souligner. Une qualité qui amena René Monet à améliorer ce fruit oublié.

1975-1999 / La pêche plate et savoureuse de René Monet. © Inra, Alain Girard
Mis à jour le 07/07/2016
Publié le 27/07/2016

L’histoire débuta en 1975 à la station de recherches fruitières de Villenave d’Ornon. René Monet, alors directeur de recherches à l’Inra de Bordeaux, se lança dans la création d’une nouvelle variété de pêche plate. Ce fruit atypique apparut pour la première fois en Europe au XIXème siècle suite à son importation de Chine. À cette époque la pêche plate n’éveilla que peu d’intérêt. Les craquelures de sa peau, sa pigmentation peu alléchante, et son manque de fertilité n’inspirèrent pas les consommateurs et le fruit se retrouva relégué au plan de curiosité botanique. Pourtant la pêche plate possède une qualité que René Monet sut souligner, son goût.

René Monet initia ses travaux sur l’unique variété de pêcher à pêche plate en sa possession : la variété « Kiang-Si ». En réalisant une autofécondation de ces pêches, c’est-à-dire en pollinisant les ovules de la variété « Kiang-Si » avec du pollen issu de la même variété, il donna naissance à une nouvelle génération d’arbre. Si les pêches issues des pêchers géniteurs étaient à la fois plates et douces pour le palais, les pêches issues de certains individus de la génération suivante ne possédaient plus ces caractéristiques.

En donnant naissance à une nouvelle génération de pêchers, René Monet mit en avant un ensemble de caractères contrôlés par un seul gène. De manière précise, chaque chromosome porte des gènes codant pour des caractères précis. Un gène peut exister sous plusieurs versions appelées « allèle ». Les choses pourraient être simples si les chromosomes ne fonctionnaient pas par paire, car dans certains cas les chromosomes d’une même paire peuvent porter des allèles différents. Il devient alors nécessaire de caractériser la nature de l’allèle, c’est-à-dire de savoir s’il est dit dominant ou récessif. Ainsi, l’allèle dit dominant sera celui qui définira la nature du caractère codé. Par exemple, la forme du fruit, est sous la dépendance du gène S, dont l’allèle dominant est responsable du caractère ‘fruit plat’. René Monet croisa alors la variété « Kiang-Si » avec la variété « Independence » produisant des nectarines de qualité. La descendance obtenue était variée et chez certains descendants, les gènes de la mère et ceux du père se sont unis pour donner naissance à un pêcher dont le fruit était à la fois beau, bon et plat: « Ferjalou Jalousia® » produisant des pêches plates à chair jaune.

Depuis, la pêche plate de René Monet a rempli les étals de nos marchés. Un fruit à la fois pratique à déguster et au goût très apprécié durant les périodes estivales.