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Mission aux Iles Kerguelen. © Inra, Philippe Gaudin / UMR ECOBIOP

L’écologie des poissons jusqu'au bout du monde #MissionKerguelen

Publié le 06/12/2016

Depuis plusieurs décennies, des chercheurs de l’Inra analysent les populations de poissons introduits par l’homme dans l’archipel des Kerguelen, des terres exemptes, jusque dans les années 1960, de tout peuplement piscicole.

Aux confins des océans indien et austral, les chercheurs étudient les mécanismes d’invasion de ces espèces, mais aussi leur comportement évolutif dans ces milieux vierges. Témoin avancé des impacts des changements climatiques sur les écosystèmes (la calotte glaciaire Cook a ainsi perdu 22% de sa surface entre 1963 et 2003, augmentation de la température moyenne de 1,3 °C), les îles Kerguelen offrent aux chercheurs un terrain idéal d’observation pour anticiper les évolutions possibles dans d’autres écosystèmes. 2016 et 2017 ouvrent une nouvelle mission sur ces terres volcaniques où les scientifiques vous invitent à les suivre, au fil de l’eau, dans leur nouvelle aventure humaine…

L'archipel des Kerguelen

Des îles tempétueuses

L’archipel des Kerguelen est localisé à l’interface de l’océan Indien et de l’océan Austral à environ 2 000 km des côtes de l’Antarctique. L’archipel, d’une superficie d’environ 7 215 km2, est constitué d’une île principale, la Grande Terre (92% de la superficie de l’archipel) entourée de plus de 300 îles et îlots satellites. Les côtes sont extrêmement découpées avec quelques grands golfes et de nombreuses baies secondaires ainsi que de longs fjords. L’archipel fut découvert en 1772 par le navigateur français Yves Joseph Kerguelen de Trémarec. En 1893, la France prend officiellement possession des îles Kerguelen et la station permanente de Port-aux-Français fut créée en 1950. Le climat de Kerguelen est océanique, froid et extrêmement venteux. La température moyenne annuelle y est de 4,5°C. Les précipitations sont fréquentes, et peuvent se produire sous forme de pluie comme de neige, tout au long de l’année. Le vent d’ouest souffle quasi continuellement  et les vents de 150 km/h sont courants.  Le mélange des eaux froides de l’Antarctique et des eaux plus chaudes de l’océan Indien stimule la production des chaînes alimentaires, faisant des îles Kerguelen un lieu privilégié de rassemblement de nombreux animaux océaniques. On trouve ainsi sur le littoral d’impressionnantes colonies de reproduction d’éléphants de mer, de manchots royaux, de diverses espèces d’albatros ou de gorfous. Les écosystèmes originaux ont cependant été profondément modifiés d’une part par la surexploitation des ressources (chasse baleinière et phoquière, pêche industrielle) et d’autre part par l’introduction d’animaux exogènes qui se sont acclimatés : lapins, chats, rats, rennes, truites, etc.