Campus Forêt-Bois de Cestas-Pierroton. © Inra, Alain Girard - Inra

Nos unités de recherche

Mycologie et Sécurité des Aliments (MycSA)

MycSA, unité de recherche pilote pour la maîtrise du risque mycotoxique dans les céréales, déploie ses recherches autour d’une thématique générale : l’analyse du métabolisme secondaire et du développement des champignons, avec comme objectif la maîtrise de la contamination en mycotoxines des grains.

Mis à jour le 30/10/2017
Publié le 30/10/2014
Mots-clés : UNITE DE RECHERCHE

Missions and objective

En diversifiant les voies d’approches mises en œuvre, son projet tend vers une modélisation des réseaux d’interactions qui conduisent à l’accumulation de toxines fusariennes dans les grains de blé ou de maïs.
Ses travaux scientifiques, conduits en partenariat avec des équipes Inra, des universités et des acteurs de la filière des céréales, ont pour objectif finalisé de proposer des solutions pratiques pour diminuer le risque mycotoxique des céréales et ses conséquences sur la santé animale et humaine ainsi que sur les pertes économiques subies par les filières.

MycSA dispose de 1300 m² de laboratoires organisés en trois plateaux techniques communs : biochimie (mycotoxines, métabolites fongiques et végétaux), biologie moléculaire (ADN et ARN), mycologie. Une halle technologique (550 m²) complète ce dispositif.

Axes scientifiques

1 - Modulation de la synthèse de mycotoxines par l’environnement abiotique

Plusieurs espèces de Fusarium colonisent les épis en formation et produisent leurs toxines (e.g. trichothécènes, zéaralénone, fumonisines et enniatines) dans le cadre du dialogue moléculaire avec la plante ; leur environnement chimique varie en fonction du stade de maturation du grain et des espèces et variétés végétales colonisées. MycSA développe des approches de chimie analytique et d’étude des métabolomes fongiques et végétaux pour caractériser cet environnement chimique et préciser les conséquences de certaines biomolécules sur la production et l’accumulation de toxines fusariennes dans les grains.
Ces travaux fournissent des informations utiles pour la sélection de variétés de céréales résistantes à l’accumulation de toxines ainsi que l’identification de biomolécules candidates pour des alternatives aux fongicides de synthèse.

2 - Mécanismes moléculaires de la synthèse des mycotoxines
La synthèse des mycotoxines influencée par l’environnement du champignon est sous le contrôle de réseaux complexes de régulation moléculaire. Décrypter ces réseaux et tendre vers la modélisation des voies métaboliques mises en jeu nécessite d’identifier les gènes impliqués, d’analyser leur variabilité et les cascades de régulation mises en œuvre. MycSA conjugue des approches de génétique moléculaire, de génétique quantitative et de génomique et s’intéresse aussi à l’impact des régulations épigénétiques. Les connaissances fines des réseaux de régulation moléculaire permettront d’orienter la recherche vers de nouveaux moyens de contrôle du risque mycotoxique.

 © Lætitia Pinson-Gadais - Inra
© Lætitia Pinson-Gadais - Inra

3 - Biodiversité fongique et interactions biotiques affectant la synthèse et la dégradation des mycotoxines
Les espèces de Fusarium et les toxines affectant les épis sont diverses. MycSA développe des moyens d’identification et de quantification des Fusarium toxinogènes autorisant l’étude de la biodiversité génétique des populations affectant les cultures de céréales. Comme l’environnement chimique, l’environnement microbiologique du champignon influence fortement l’accumulation de toxines et sa persistance dans les aliments. L’impact de cet environnement microbiologique est pris en compte par la caractérisation des communautés fongiques et bactériennes, et l’étude des interactions dans ces écosystèmes microbiens. L’objectif est d’identifier de nouveaux agents de biocontrôle de l’accumulation de mycotoxines dans les grains ainsi que de proposer des moyens de maîtrise de l’environnement biotique conduisant à l’inhibition de la synthèse de toxines et/ou à leur dégradation microbienne avant consommation des céréales par les humains ou les animaux.

4 - Veille scientifique et technique sur les altérations des grains au stockage et la génétique des champignons macroscopiques alimentaires
Les chercheurs et ingénieurs de MycSA possèdent des compétences et savoir-faire uniques et reconnus par les acteurs du secteur privé et par la communautés scientifique internationale, que ce soit dans le domaine de la protection intégrée des denrées stockées ou de la biologie et génétique des champignons macroscopiques, en particulier les champignons comestibles cultivés du genre Agaricus. La veille scientifique et technique maintenue dans ces domaines, en parallèle des axes de recherche principaux, permet de valoriser ce capital et de répondre de façon ciblée à des demandes d’expertise et collaboration exprimées par les partenaires académiques et les filières économiques.

FUSARIUM  graminearum © Lætitia Pinson-Gadais - Inra
FUSARIUM graminearum © Lætitia Pinson-Gadais - Inra

Collaborations et partenariats scientifiques

MycSA anime le Réseau Fusatox qui analyse l’ensemble des composantes conduisant à la présence de mycotoxines produites par les Fusarium dans l’alimentation humaine et animale. MycSA coanime le Réseau REACTION qui fédère les acteurs de la recherche autour des mécanismes épigénétiques qui interviennent dans les interactions hôte/agresseur.
Elle assure aussi l’animation scientifique et participe activement au Réseau Mixte Technologique sur la Qualité Sanitaire des Productions Végétales de Grandes Cultures (RMT Quasaprove).

Projets remarquables

MycSA a coordonné le projet ANR DON&Co (2011-2014) qui, reposant sur une approche fédératrice intégrée associant études épidémiologiques et mécanistiques, a permis de préciser comment la flore fusarienne impacte les teneurs et type de trichothécènes accumulés dans les grains de blé et en conséquence leur toxicité.
MycSA coordonne le projet ANR CaDON (2015-2019) dont l’objectif est d’analyser les mécanismes de contamination croisée de deux contaminants majeurs des récoltes de blé dur, la mycotoxine Déoxynivalenol (DON) et l’élément trace métallique Cadmium (Ca) ainsi que d’évaluer la toxicité du mélange de ces deux composés. 

L'unité MycSA rassemble 12 chercheurs et ingénieurs, incluant un maitre de conférences de l'université de Bordeaux, 12 techniciens et personnels administratifs, ainsi que 2 doctorants

Contact(s)
Directeur :
Jean-Michel Savoie (05 57 2 24 96)

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